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HPP CONGO ET LA RECHERCHE ACTIVE DE PERSONNES ATTEINTES DE TUBERCULOSE

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la République Démocratique du Congo (RDC) fait partie des pays où la tuberculose est encore considérée comme une urgence sanitaire. En effet, on estime que seulement 48 % des cas seraient dépistés et parmi ceux-ci, seuls 57 % feront l’objet d’un traitement dont le taux de réussite est aujourd’hui très faible. Dans l’ensemble, les mesures prises pour lutter contre la tuberculose en RDC demeurent limitées par rapport aux autres pays de la Communauté de développement d’Afrique australe (CDDA).

La zone sanitaire de Ruashi est composée d’un établissement situé à la périphérie de la ville de Lubumbashi, dans le Haut Katanga, au sud-est du pays. Elle couvre les zones minières de Ruashi et de la Chemaf, ainsi que plusieurs petites exploitations minières non industrielles. La population vivant autour des mines se trouve quotidiennement exposée à des niveaux élevés de poussière de silice, augmentant considérablement le risque de contracter des maladies pulmonaires et la rendant particulièrement vulnérable à la tuberculose. La majorité de la population vit dans de petites maisons mal ventilées, un facteur qui augmente encore davantage la probabilité de transmission des maladies.

Le travail de Humana People to People Congo

Dans ce cadre, Humana People to People Congo a mis en place un projet dans 5 des 19 zones sanitaires de Ruashi pour endiguer la propagation de la tuberculose. Ce projet a été financé grâce au partenariat en place avec StopTB Partnership et le Fonds mondial par le biais de l’initiative stratégique visant à retrouver les personnes disparues atteintes de tuberculose (Strategic Initiative to Find the Missing People with TB).

Les principaux défis du projet sont les suivants : le grand nombre de cas de tuberculose non diagnostiqués à Ruashi, les difficultés des patients à accéder aux centres de santé ainsi que le manque d’informations concernant cette maladie, qui peut provoquer un sentiment d’exclusion, une perte de travail et une augmentation des risques de transmission et de mortalité faisant suite à l’infection. Une personne infectée est susceptible de transmettre la maladie à entre 10 et 15 personnes par an si elle ne reçoit pas de traitement.

Quelques-unes des mesures prises afin de lutter contre la tuberculose

Humana People to People Congo a mené, dans le cadre de sa mission, les actions suivantes :

* Des séances de formation pour le personnel du projet et les Agents Communautaires de Santé. La formation était axée sur les symptômes de la tuberculose, sur le soutien et l’accompagnement des patients pour les inciter à suivre leur traitement ainsi que tout au long du processus de guérison. 25 bénévoles provenant de différents organismes communautaires ont également participé à la formation.

* Des visites en porte-à-porte, au cours desquelles les membres de la communauté ont été sensibilisés à la tuberculose et la description de ses symptômes, des prélèvements de salive ont de plus été effectués et les personnes présentant des symptômes apparents ont été examinées. Les échantillons prélevés ont par la suite été acheminés vers les centres de santé pour les analyser. Les résultats obtenus ont été transmis aux patients, qui ont bénéficié du traitement correspondant le cas échéant. Le simple fait de proposer ce service a permis d’éviter que ces personnes ne soient obligées de se déplacer par leurs propres moyens et de faire face aux frais de transport ou d’une interruption de travail.

Ce plan de visites itinérantes réalisé dans les zones les plus touchées par la maladie a mobilisé 21 739 personnes entre les mois de mai 2018 et 2019. Ces mesures constituent le moyen le plus efficace de dialoguer efficacement avec les populations, de connaître leur situation individuelle et de détecter les individus potentiellement infectés. En tout, 7 423 personnes ont effectué des tests de dépistage, ce qui a permis d’identifier 1 993 cas potentiels et de prélever des échantillons dans 38 % des cas. Finalement, 189 personnes ont été diagnostiquées comme étant atteintes de tuberculose et 178 ont débuté un traitement médical.

En outre, les enfants de moins de cinq ans particulièrement exposés au risque de développer la maladie ont reçu un traitement préventif à l’isoniazide, initiative rendue possible grâce à la collaboration avec les autorités sanitaires nationales.

STOP TB PARTNERSHIP